Pas de fantasy sans épée magique ! Bien que JRR Tolkien n’aimait pas qu’on parle de magie (mais plutôt de pouvoir et de connaissances secrètes), il existe bel et bien des épées puissantes et enchantées en Terre du Milieu. Voici des informations sur quelques-unes d’entre elles.
Forgerons Elfes et forgerons Nains
Il existe deux peuples qui se sont particulièrement distingués pour la création d’objet dits magiques : ce sont les Elfes Noldor et les Nains. Comment des peuples aussi différents ont-il acquis la maîtrise du métal et de l’enchantement de la matière ? La réponse est très simple : les Noldor et les Nains ont eu un maître commun, un certain Aulë le Forgeron.
Celui-ci était un Valar dédié à la terre, spécialisé dans les formes minérales, le travail du métal et des gemmes. En des temps trés reculés, il créa la race des Nains et leur enseigna ses secrets. Plus tard, il prit en sympathie les Elfes Noldor lors de leur séjour en Valinor et leur apprit de nombreuses connaissances. Le nom Noldor dérive d’ailleurs du mot quenya noldo, qui signifie « maître du savoir ».
Les Noldor profitèrent aussi brièvement de l’enseignement de Melkor, alors que celui-ci se trouvait en liberté surveillée à Valinor.
Elfes Noldor et Nains partagaient une passion commune, qu’ils échangèrent notamment au Premier Age. A cette époque les Nains de Nogrod, dans les Montagnes Bleues, étaient les alliés des Elfes de Beleriand. Il y eut une deuxième alliance entre Noldor et Nains au Second Age, alors que les Elfes s’étaient établis en Eregion au pied des Monts Brumeux
Narsil, l’Epée des Rois
Selon la légende, Narsil avait été forgée au Premier Age par Telchar, le plus fameux forgeron Nain de son temps, membre de la race des Barbes de Feu et installé à Nogrod dans les Montagnes Bleues. Parmi ses autres chefs d’oeuvre, on peut citer Angrist (le poignard utilisé par Beren dans la quête des Silmarils) et le Heaume au Dragon porté par Hador.
Narsil fut donné au seigneur elfe Curufin, qui périt en donnant l’assaut à Doriath. La suite est peu connue mais il est probable que Narsil fut emportée par Elwing, héritère de Doriath, et qu’elle aboutit ensuite à Eärendil puis à son fils Elros.
Narsil fut ensuite transmise de Elros, premier roi de Nùmenor, jusqu’à Elendil, son lointain descendant.
Comme on le sait, Elendil fut tué par Sauron au cours de la bataille de la Dernière Alliance et Narsil fut brisée. Mais Isildur, son fils, parvint à trancher le doigt de Sauron avec un fragment de Narsil et apporta la victoire aux peuples libres.
Narsil, l’épée brisée, passa à nouveau de mains en mains dans la lignée des Dùnedains du nord, et ce fut Aragorn qui lui redonna sa gloire.
Narsil fut reforgée à Imladril et prit le nom d’Anduril, Flamme de l’Ouest.
L’Épée d’Elendil fut forgée à neuf par des forgerons elfiques, qui tracèrent sur la lame le dessin de sept étoiles placées entre le croissant de la Lune et le Soleil radié, et autour étaient gravées de nombreuses runes, car Aragorn fils d’Arathorn partait en guerre sur les marches de Mordor. Elle était très brillante, cette épée, quand elle fut de nouveau complète, la lumière du soleil y scintillait avec un éclat rouge et celle de la lune y luisait avec un reflet froid, et le fil en était dur et tranchant. Et Aragorn lui donna un nouveau nom, l’appelant Anduril, Flamme de l’Ouest. (La Communauté de l’Anneau)
Les mots Nar (Feu) et Thil (Lumière Blanche) composent le mot Narsil, qui veut donc dire « Feu Blanc » ou « Lumière de Feu ». C’est ce qui semble faire son caractère magique : outre d’être la seule arme au monde redoutée par Sauron, Narsil (ou Anduril) est capable d’émettre une lueur blanche et de découper les armures, comme plusieurs passages du Seigneur des Anneaux l’attestent:
Mais comme l’orque jetait le tronçon et dégainait vivement son cimeterre, Anduril s’abattit sur son heaume. Il y eut un éclat comme d’une flamme, et le heaume s’ouvrit en deux. L’orque tomba, la tête fendue. Ses suivants s’enfuirent en hurlant, tandis que Boromir et Aragorn s’élançaient contre eux. (La Communauté de l’Anneau)
Glamdring, l’Epée du Magicien
Glamdring fut découverte avec d’autres armes par Gandalf dans une caverne de Trolls lors de l’aventure racontée dans Le Hobbit. Peu après, Elrond identifia la trouvaille du magicien grâce aux runes qui ornaient l’épée :
« Ce sont des épées anciennes, très anciennes, des Hauts Elfes de l’Ouest, ma famille. Elles furent forgées à Gondolin pour les guerres des Gobelins. Elles doivent venir d’un trésor de Dragon ou d’un butin de Gobelin, car cette ville fut détruite il y a des siècles par les Dragons ét les Gobelins.[...] Ceci, Gandalf, était Glamdring, le marteau à ennemis que portait jadis le roi de Gondolin » (Bilbon le Hobbit)
Glamdring est donc l’épée du légendaire roi Turgon, Seigneur de Gondolin et c’est probablement une des rares armes capables de vaincre un Balrog. Il est clair que Gandalf a eu de la chance de la trouver (mais est-ce vraiment de la chance ?).
Glamdring fut probablement forgée par l’Elfe Maeglin, fils d’Eöl le Noir, et forgeron le plus réputé de Gondolin
Glamdring a la capacité de briller à l’approche des ennemis, tout comme Dard, le poignard de Bilbon. Cette capacité ne fut pas malheureusement pas utilisée dans les films de Peter Jackson (trop cher en effets spéciaux ?).
Gandalf portera cette épée jusqu’à la fin du Seigneur des Anneaux, mais des mystères demeurent : comment a-t’il récupéré son épée (ainsi que son bâton) après sa lutte contre le Balrog ? Et pourquoi Saroumane ne s’est pas emparé de Glamdring lorsqu’il a capturé Gandalf ? Sans doute que Gandalf avait une astuce de magicien pour mettre ses possessions à l’abri !
Anglachel, l’Epée Noire
Anglachel était une épée mythique forgée au Premier Age par Eöl, surnommé l’Elfe Noir, et ami des Nains des Montagnes Bleues. La légende dit que cette épée et sa jumelle Anguirel furent conçues à partir d’un météore de fer noir, tombé du ciel.
« c’était une épée de grand renom, et elle avait été nommée ainsi car elle avait été forgée avec du fer tombé des cieux comme une étoile flamboyante : elle pouvait fendre en deux tout fer extrait de la terre » (Les enfants de Hùrin)
Eöl donna Anglachel au Roi Thingol, contre le droit de résider dans la forêt de Nan Elmoth, et Thingol donna ensuite l’Epée Noire à Beleg l’Archer, un des plus fameux combattants de son royaume, pour l’aider dans une quête. A ce moment-là, Melian, Dame de Doriath, fit cette prophétie :
« Il y a de la malveillance dans cette épée. Le cœur de son créateur y réside encore, et ce cœur était sombre. Elle n’aimera pas la main qu’elle sert; et elle ne demeurera pas longtemps non plus en ta possession »
En effet Beleg profita peu d’Anglachel, car il fut tué par la personne même qu’il venait secourir ! Anglachel passa alors entre les mains de Tùrin, un des Humains les plus renommés de cette époque. Il décida d’utiliser l’épée pour servir la justice et se mit au service du roi Orodreth de Nargothrond. A cette occasion, Anglachel fut reforgée :
« L’épée Anglachel fut reforgée pour lui par les habiles forgerons de Nargothrond et elle demeura noire mais son fil brillait désormais d’un feu pâle. Alors Tùrin se fit connaître à Nargothrond sous le nom de Mormegil, le Noire-Epée, en raison de ce qui se disait de ses exploits avc cette arme ; mais il nomma l’épe Gurthang, le Fer de la Mort. » (Les Enfants de Hùrin)
Tùrin tua des quantités d’Orcs avec l’Épée Noire, et terrassa le Dragon Glaurung, avant de se suicider.
Au moment de se jeter sur Gurthang, l’Epée Noire, celle-ci lui parla : »Oui, je boirai ton sang, afin d’oublier le sang de Beleg mon maître et la sang de Brandir, injustement tué. Je te tuerai promptement« .
Le corps de Tùrin fut brûlé et ses cendre furent enterrées avec les tronçons de Gurthang, car l’Epée Noire s’était brisé au moment de la mort de son dernier maître. Elle ne fut plus jamais reforgée.
En relisant l’histoire de Turïn, on ne peut pas s’empêcher de comparer Anglachel, l’Épée Noire, avec Stormbringer, l’épée d’Elric également noire et maléfique, œuvre de Michael Moorcock. Pas évident de savoir qui a influencé l’autre : la première histoire d’Elric a été publiée en 1961, avant la publication du Silmarillion (1977) par Christopher Tolkien et Guy Gavriel Kay. Mais l’histoire de Turïn a été imaginée par JRR Tolkien bien avant, entre les deux guerres !



























