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l'univers de JRR Tolkien

l'univers de JRR Tolkien


  • Epées magiques en Terre du Milieu

    Pas de fantasy sans épée magique ! Bien que JRR Tolkien n’aimait pas qu’on parle de magie (mais plutôt de pouvoir et de connaissances secrètes), il existe bel et bien des épées puissantes et enchantées en Terre du Milieu. Voici des informations sur quelques-unes d’entre elles.

    Forgerons Elfes et forgerons Nains

    Il existe deux peuples qui se sont particulièrement distingués pour la création d’objet dits magiques : ce sont les Elfes Noldor et les Nains. Comment des peuples aussi différents ont-il acquis la maîtrise du métal et de l’enchantement de la matière ? La réponse est très simple : les Noldor et les Nains ont eu un maître commun, un certain Aulë le Forgeron.

    Celui-ci était un Valar dédié à la terre, spécialisé dans les formes minérales, le travail du métal et des gemmes. En des temps trés reculés, il créa la race des Nains et leur enseigna ses secrets. Plus tard, il prit en sympathie les Elfes Noldor lors de leur séjour en Valinor et leur apprit de nombreuses connaissances. Le nom Noldor dérive d’ailleurs du mot quenya noldo, qui signifie « maître du savoir ».
    Les Noldor profitèrent aussi brièvement de l’enseignement de Melkor, alors que celui-ci se trouvait en liberté surveillée à Valinor.

    Elfes Noldor et Nains partagaient une passion commune, qu’ils échangèrent notamment au Premier Age. A cette époque les Nains de Nogrod, dans les Montagnes Bleues, étaient les alliés des Elfes de Beleriand. Il y eut une deuxième alliance entre Noldor et Nains au Second Age, alors que les Elfes s’étaient établis en Eregion au pied des Monts Brumeux

    Narsil, l’Epée des Rois

    Selon la légende, Narsil avait été forgée au Premier Age par Telchar, le plus fameux forgeron Nain de son temps, membre de la race des Barbes de Feu et installé à Nogrod dans les Montagnes Bleues. Parmi ses autres chefs d’oeuvre, on peut citer Angrist (le poignard utilisé par Beren dans la quête des Silmarils) et le Heaume au Dragon porté par Hador.
    Narsil fut donné au seigneur elfe Curufin, qui périt en donnant l’assaut à Doriath. La suite est peu connue mais il est probable que Narsil fut emportée par Elwing, héritère de Doriath, et qu’elle aboutit ensuite à Eärendil puis à son fils Elros.

    Narsil

    Narsil reforgée, l'épée d'Aragorn dans le Seigneur des Anneaux

    Narsil fut ensuite transmise de Elros, premier roi de Nùmenor, jusqu’à Elendil, son lointain descendant.

    Comme on le sait, Elendil fut tué par Sauron au cours de la bataille de la Dernière Alliance et Narsil fut brisée. Mais Isildur, son fils, parvint à trancher le doigt de Sauron avec un fragment de Narsil et apporta la victoire aux peuples libres.

    Narsil, l’épée brisée, passa à nouveau de mains en mains dans la lignée des Dùnedains du nord, et ce fut Aragorn qui lui redonna sa gloire.

    Narsil fut reforgée à Imladril et prit le nom d’Anduril, Flamme de l’Ouest.

    L’Épée d’Elendil fut forgée à neuf par des forgerons elfiques, qui tracèrent sur la lame le dessin de sept étoiles placées entre le croissant de la Lune et le Soleil radié, et autour étaient gravées de nombreuses runes, car Aragorn fils d’Arathorn partait en guerre sur les marches de Mordor. Elle était très brillante, cette épée, quand elle fut de nouveau complète, la lumière du soleil y scintillait avec un éclat rouge et celle de la lune y luisait avec un reflet froid, et le fil en était dur et tranchant. Et Aragorn lui donna un nouveau nom, l’appelant Anduril, Flamme de l’Ouest. (La Communauté de l’Anneau)

    Les mots Nar (Feu) et Thil (Lumière Blanche) composent le mot Narsil, qui veut donc dire « Feu Blanc » ou « Lumière de Feu ». C’est ce qui semble faire son caractère magique : outre d’être la seule arme au monde redoutée par Sauron, Narsil (ou Anduril) est capable d’émettre une lueur blanche et de découper les armures, comme plusieurs passages du Seigneur des Anneaux l’attestent:

    Mais comme l’orque jetait le tronçon et dégainait vivement son cimeterre, Anduril s’abattit sur son heaume. Il y eut un éclat comme d’une flamme, et le heaume s’ouvrit en deux. L’orque tomba, la tête fendue. Ses suivants s’enfuirent en hurlant, tandis que Boromir et Aragorn s’élançaient contre eux. (La Communauté de l’Anneau)

    Glamdring, l’Epée du Magicien

    Glamdring fut découverte avec d’autres armes par Gandalf dans une caverne de Trolls lors de l’aventure racontée dans Le Hobbit. Peu après, Elrond identifia la trouvaille du magicien grâce aux runes qui ornaient l’épée :

    « Ce sont des épées anciennes, très anciennes, des Hauts Elfes de l’Ouest, ma famille. Elles furent forgées à Gondolin pour les guerres des Gobelins. Elles doivent venir d’un trésor de Dragon ou d’un butin de Gobelin, car cette ville fut détruite il y a des siècles par les Dragons ét les Gobelins.[...] Ceci, Gandalf, était Glamdring, le marteau à ennemis que portait jadis le roi de Gondolin » (Bilbon le Hobbit)

    Glamdring brandie par Gandalf le Blanc

    Glamdring est donc l’épée du légendaire roi Turgon, Seigneur de Gondolin et c’est probablement une des rares armes capables de vaincre un Balrog. Il est clair que Gandalf a eu de la chance de la trouver (mais est-ce vraiment de la chance ?).

    Glamdring fut probablement forgée par l’Elfe Maeglin, fils d’Eöl le Noir, et forgeron le plus réputé de Gondolin

    Glamdring a la capacité de briller à l’approche des ennemis, tout comme Dard, le poignard de Bilbon. Cette capacité ne fut pas malheureusement pas utilisée dans les films de Peter Jackson (trop cher en effets spéciaux ?).

    Gandalf portera cette épée jusqu’à la fin du Seigneur des Anneaux, mais des mystères demeurent : comment a-t’il récupéré son épée (ainsi que son bâton) après sa lutte contre le Balrog ? Et pourquoi Saroumane ne s’est pas emparé de Glamdring lorsqu’il a capturé Gandalf ? Sans doute que Gandalf avait une astuce de magicien pour mettre ses possessions à l’abri !

    Anglachel, l’Epée Noire

    Anglachel était une épée mythique forgée au Premier Age par Eöl, surnommé l’Elfe Noir, et ami des Nains des Montagnes Bleues. La légende dit que cette épée et sa jumelle Anguirel furent conçues à partir d’un météore de fer noir, tombé du ciel.
    « c’était une épée de grand renom, et elle avait été nommée ainsi car elle avait été forgée avec du fer tombé des cieux comme une étoile flamboyante : elle pouvait fendre en deux tout fer extrait de la terre » (Les enfants de Hùrin)

    Eöl donna Anglachel au Roi Thingol, contre le droit de résider dans la forêt de Nan Elmoth, et Thingol donna ensuite l’Epée Noire à Beleg l’Archer, un des plus fameux combattants de son royaume, pour l’aider dans une quête. A ce moment-là, Melian, Dame de Doriath, fit cette prophétie :
    « Il y a de la malveillance dans cette épée. Le cœur de son créateur y réside encore, et ce cœur était sombre. Elle n’aimera pas la main qu’elle sert; et elle ne demeurera pas longtemps non plus en ta possession »

    Turïn et l'Epée Noire

    En effet Beleg profita peu d’Anglachel, car il fut tué par la personne même qu’il venait secourir ! Anglachel passa alors entre les mains de Tùrin, un des Humains les plus renommés de cette époque. Il décida d’utiliser l’épée pour servir la justice et se mit au service du roi Orodreth de Nargothrond. A cette occasion, Anglachel fut reforgée :
    « L’épée Anglachel fut reforgée pour lui par les habiles forgerons de Nargothrond et elle demeura noire mais son fil brillait désormais d’un feu pâle. Alors Tùrin se fit connaître à Nargothrond sous le nom de Mormegil, le Noire-Epée, en raison de ce qui se disait de ses exploits avc cette arme ; mais il nomma l’épe Gurthang, le Fer de la Mort. » (Les Enfants de Hùrin)

    Tùrin tua des quantités d’Orcs avec l’Épée Noire, et terrassa le Dragon Glaurung, avant de se suicider.
    Au moment de se jeter sur Gurthang, l’Epée Noire, celle-ci lui parla : »Oui, je boirai ton sang, afin d’oublier le sang de Beleg mon maître et la sang de Brandir, injustement tué. Je te tuerai promptement« .

    Le corps de Tùrin fut brûlé et ses cendre furent enterrées avec les tronçons de Gurthang, car l’Epée Noire s’était brisé au moment de la mort de son dernier maître. Elle ne fut plus jamais reforgée.

    En relisant l’histoire de Turïn, on ne peut pas s’empêcher de comparer Anglachel, l’Épée Noire, avec Stormbringer, l’épée d’Elric également noire et maléfique, œuvre de Michael Moorcock. Pas évident de savoir qui a influencé l’autre : la première histoire d’Elric a été publiée en 1961, avant la publication du Silmarillion (1977) par Christopher Tolkien et Guy Gavriel Kay. Mais l’histoire de Turïn a été imaginée par JRR Tolkien bien avant, entre les deux guerres !


  • vidéo n°4 de tournage du Hobbit

    Postée le 5 novembre 2011, la nouvelle vidéo postée par Peter Jackson s’attarde beaucoup sur l’aspect technique du tournage et notamment le tournage en 3D.

    Ci-dessous la vidéo sous-titrée par Allociné :

     

    Peter Jackson affirme qu’il a toujours rêvé de tourner en 3D. Cela a été rendu possible par le développement de la technologie (merci Avatar) et l’utilisation de 2 caméras simulant la vision humaine (étant donné la taille des lentilles des cameras, une astuce utilisant des miroirs est nécessaire pour simuler l’écartement des yeux). Les caméras filment en numérique et en HD et il existe en tout 16 caméras pour tous les usages possible (caméra à l’épaule, travelings, steadycam, etc…). Le système mis au point par les techniciens permet de régler exactement la profondeur de champ et de voir l’effet 3D en direct pendant le tournage.

    Peter Jackson et ses caméras

    Autre contrainte technique, la 3D a tendance à assombrir les couleurs : il a donc fallu davantage colorer les décors et les acteurs, qui ont dotés d’un teint rougeaud pour pouvoir passer correctement à l’écran.

    La Forêt Noire telle que nous l’apercevons dans le reportage n’est pas très noire mais plutôt psychédélique avec des tas de couleurs surprenantes. Cet effet s’estompera lors de la finalisation et il n’y aura que de petites variations de teintes. En tout cas la 3D sera destinée à immerger le spectateur et à lui donner l’impression qu’il s’enfonce dans la forêt, au milieu des lianes et des toiles d’araignée !

    Pour finir, cette petite vidéo fait entrevoir plusieurs scènes intéressantes :

    Le bâton de Gandalf gravant un signe sur la porte de Bilbon

    La réception des Nains chez Elrond. Gloïn semble perplexe devant le raffinement de la vaisselle qui lui est proposée !

    Des Nains « cocoonisés » (les Araignées sont passé par là)

    Quelqu’un qui ressemble bigrement à Frodon/Elijah Wood. Mais que fait-il ici ?


  • Les Hommes des Montagnes et le Chemin des Morts

    Lorsqu’il fonda le royaume de Gondor, Isildur convoqua le Roi des Montagnes Blanches, et lui fit jurer allégeance sur la Pierre d’Erech. Mais plus tard, durant la guerre contre Sauron, les Hommes des Montagnes refusèrent de suivre Isildur car ils s’étaient déjà prosternés devant Sauron durant les années sombres. Alors Isildur maudit le Roi des Montagnes en ces termes : « Tu seras le dernier roi. Et si l’Ouest se révèle plus puissant que ton Maître Noir, j’appelle cette malédiction sur toi et les tiens : n’avoir jamais de repos jusqu’à l’accomplissement de votre serment. »(extrait du Retour du Roi).

    Il est dit qu’ensuite les Hommes des Montagnes se cachèrent dans leur cité souterraine et n’eurent plus de contact avec le monde extérieur, devenant un peuple furtif et moribond, et finalement des Morts sans Sommeil. Le seul moyen de les rencontrer était de passer par le Chemin des Morts, à travers le Dwimorberg (Montagne Hantée en langue de Rohan). Lorsque les Hommes de Rohan arrivèrent dans la région, le Roi Bregon et son fils Baldor traversèrent la forêt de Dimholt (Bois Obscur), allèrent jusqu’à la Porte Sombre et firent une effrayante rencontre :

    Sur le seuil était assis un vieillard, d’un âge indéterminable, il avait été grand et majestueux, mais il était alors desséché comme une vieille pierre. En fait, ils le prirent pour une pierre, car il ne bougeait pas et ne dit mot jusqu’au moment où ils voulurent le dépasser et entrer. Alors une voix sortit de lui, que l’on eût dit venue de la terre, et, à leur stupéfaction, elle parlait dans la langue de l’ouest : « La voie est fermée ». Ils s’arrêtèrent alors et, l’examinant, ils virent qu’il était toujours vivant, mais il ne les regardait pas. « La voie est fermée », reprit la voix. « Elle fut faite par ceux qui sont morts, et les Morts la gardent jusqu’au moment venu. La voie est fermée ». « Et quand sera ce moment ? » demanda Baldor. Mais il ne reçut jamais de réponse. Car le vieillard mourut dans l’heure et tomba face contre terre, et les autres n’eurent jamais plus aucune nouvelle des anciens habitants des montagnes.

    la Porte Sombre dans le film de Peter Jackson
    Il est raconté dans le Retour du Roi comment Aragorn, sur les conseils d’Elrond, suivit le Chemin des Morts à Dwimorberg et persuada les habitants des Montagnes de respecter leur ancien serment. Aprés avoir affronté les Orcs sur la plaine du Pelargir, les Morts sans Sommeil connurent enfin la paix et furent autorisés à quitter la Terre du Milieu.

    Le Roi des Montagnes

    Qui était exactement le terrible Roi des Montagnes ? Dans l’appendice B des Contes et Légendes Inachevées du 3e Age, Tolkien parle des « antiques populations » qui vivaient dans les Vallées des Montagnes Blanches et dont une partie avait migré dans les contreforts occidentaux des Monts Brumeux, devenant des Dunlendings ou Hommes du Pays de Dûn. Tous étaient des descendants lointains du peuple d’Haleth, un peuple de chasseurs et de forestiers. Dans les Montagnes Blanches on trouvait aussi des Druedains, une race de petits hommes (mais pas des Hobbits), primitifs et mystérieux. Les Druedains étaient d’habiles sculpteurs et il sont sans doute à l’origine des statues de pierre que l’on trouve tout au long de la route qui traverse le Dwimorberg. Ce sont également les Druedains qui furent les premiers habitants des cavernes des Montagnes Blanches, qu’ils utilisaient comme refuges secrets et réserves de nourriture. (cf HOME XII, The Atani and their language)

    Il est raconté que les Druedains furent chassés par des mauvais hommes : « De l’Est, survinrent les Hommes de haute stature qui les chassèrent des Montagnes Blanches, et c’étaient des hommes au coeur mauvais« . Ce sont sans doute ces Orientaux qui occupent les Montagnes Blanches et les cavernes au Second Age. En 1695, Sauron lève une puissante armée depuis le Mordor et traverse le Calenardhon, le passage qui s’étend entre les Monts Brumeux et les Montagnes Blanches (et qui sera appelé bien plus tard la Trouée de Rohan). Ce faisant il est fort possible qu’une partie de ses alliés humains de souche orientale ait investi les Montagnes Blanches, profitant de la domination du Seigneur des Ténèbres.

    La malédiction d’Isildur

    Un peu plus tard, battu par les Elfes et les Numénoréens, Sauron s’est replié en Mordor et l’ouest de la Terre du Milieu est libéré de son influence. Les Hommes des Montagnes voient bientôt des étrangers arriver en Terre du Milieu et en coloniser les rivages. Ce sont des Nùmenoréens, qui ne tiennent pas les populations indigènes en grande estime, les prenant pour des sous-hommes et des sauvages. Les Hommes des Montagnes craignent les Nùmenoréens et lorsque Isidur fonde le royaume du Gondor et vient demander l’allégeance des populations proches, le Roi des Montagnes accepte, sans doute à contre-coeur.

    Tolkien n’a jamais expliqué quel était le nom du Roi des Montagnes. Le jeu Seigneur des Anneaux Online (livre III) imagine la rencontre d’Isildur et du Roi Rioc à la pierre d’Erech : le résultat est assez plausible.

    Par la suite lorsque Isildur part en guerre contre Sauron, les Hommes des Montagnes se cachèrent et fermèrent leur porte devant le Roi du Gondor. Ils espèraient sans doute secrètement que Sauron les débarrasserait des envahisseurs mais contre toute attente, le Seigneur des Ténèbres fut vaincu.

    le Roi des Morts dans le film de Peter Jackson

    Ce qui se passa ensuite est un mystère : comment Isildur, un simple mortel a-t’il pu maudire le Roi des Montagnes et condamner son peuple à une demi-vie ? Isildur a-t’il été écouté par les Valar ? Mon opinion est que l’Anneau Unique, qu’il avait pris à Sauron, a pu renforcer cette malédiction.

     


  • Les Enfants de Húrin, la critique

    En 2007 paraissait le premier roman de JRR Tolkien depuis plus de vingt ans, soigneusement reconstruit par son fils Christopher à partir de brouillons et textes inachevés. Le livre est-il à la hauteur de l’attente ?

    Une légende des Jours Anciens

    L’histoire tragique de Túrin fils de Húrin (prononcer Tourine) est en réalité bien connue des fans de Tolkien car elle a déjà été racontée dans le Silmarillion et dans les Contes et Légendes Inachevées du Premier Age.

    L’intérêt ne réside donc pas dans le fond mais dans la forme : il s’agit cette fois d’un véritable roman (un peu plus de 200 pages), comprenant de nombreux passages inédits.

    Comme l’explique assez justement Adam Tolkien (voir son article dans Amazon), il s’agit de l’équivalent d’un Director’s Cut en littérature.

    Les intentions de Christopher Tolkien sont de proposer au lecteur une histoire totalement indépendante du Seigneur des Anneaux, dans une forme suffisamment claire pour que le roman se suffise à lui-même, sans qu’il soit utile de lire le Silmarillion ou autres ouvrages réputés hermétiques.

    Intentions louables, qui permettent de présenter un passage important de « l’antiquité » de la Terre du Milieu aux lecteurs non initiés.

    Le récit choisi par Christopher est une des trois Légendes des Jours Anciens, des histoires qui ont particulièrement marqué le Premier Age de la Terre du Milieu. Les deux autres récits (la Légende de Beren et Luthien et la Chute de Gondolin) sont racontés dans le Silmarillion.

    Noir c’est noir

    Le livre en lui-même est un Beau Livre, avec de magnifiques et inédites illustrations d’Alan Lee, un index, une carte du Beleriand également inédite et de nombreuses explications sur l’œuvre et son contexte. Après une présentation courte mais efficace, du Premier Age de la Terre du Milieu, le récit démarre avec la présentation de la famille de Túrin et de ses ancêtres. Rapidement les événements s’enchaînent, avec le départ du père de Túrin à la guerre et le début de la tragédie.

    Alan Lee dédicace Les Enfants de Húrin à Londres

    Le livre se lit très facilement, car il n’y a pas de temps mort et le récit est « dégraissé » de toutes les explications et commentaires largement présents dans le SDA et Bilbon le Hobbit. Le récit se déroule 6500 avant le Seigneur des Anneaux, dans un contexte totalement différent. Le lecteur y perd ses repères, découvrant un nouveau pays (l’ouest des Montagnes Bleues, submergé à la fin du Premier Age) et une multitude de nouveaux personnages. Galadriel est absente du récit, Elrond n’est pas encore né et Sauron est à peine évoqué.

    Ce sont des temps très difficiles pour les Peuples Libres et l’époque est bien plus rude que dans le Seigneur des Anneaux. Elfes, Hommes et Nains livrent une guerre sans espoir contre Morgoth, un Seigneur des Ténèbres infiniment plus puissant que Sauron, étendant peu à peu son emprise depuis le nord. Seules quelques cités subsistent dans cet univers hostile, dernières lueurs de civilisation dans un monde livré à la barbarie.

    la cité de Nargothrond par Alan Lee

    Dans cet univers très sombre, Túrin, fils de Húrin, et descendant des rois, tente de trouver la paix et d’accomplir son destin, errant de refuge en refuge et semant le chaos et le désespoir derrière lui. Véritable anti-héros, Túrin est sous le coup d’une malédiction et semble condamné à ne jamais trouver la paix. Tour à tour chasseur, guerrier, vagabond, hors la loi, il suit le parcours d’une lente descente aux enfers, qui culminera de façon tragique, laissant une impression déprimante au lecteur qui referme le livre.

    Ce n’est certes pas un livre très joyeux, ni une histoire qui se finit bien. Les Enfants de Húrin est une histoire qui a été imaginée par JRR Tolkien dans les années 1920 et on ressent toute l’amertume d’un esprit frappé par la Grande Guerre. Une chose est certaine, après la parution de ce roman : plus jamais JRR Tolkien ne sera considéré comme un auteur de livre pour enfant.

    (ce qui suit dévoile quelques éléments du livre)

    Túrin, un anti héros

    L’histoire de Túrin ressemble au début à celle d’Aragorn : héritier d’une dynastie prestigieuse, orphelin de père, élevé par les Elfes, Túrin est un héros en devenir, destiné à accomplir des exploits grandioses. Mais la comparaison s’arrête ici car Túrin, contrairement à Aragorn, ne deviendra jamais celui qu’il était destiné à être, sinon par intermittence.

    Tout d’abord les caractères des deux personnages sont très différents, ce qui forge en partie leur destin. Aragorn est un homme de principe, compatissant, à l’écoute des autres, et assez humble dans ses actions. Túrin est fier, coléreux, impulsif, et fait tantôt le bien, tantôt le mal. Il ne semble vraiment dans son élément que quand il part guerroyer contre les Orcs.

    Finalement Túrin n’est pas très sympathique et on ne peut guère en faire un modèle de vertu. Le récit de ses malheurs et de ses erreurs de jugement suscite tantôt la pitié, tantôt le ressentiment du lecteur. On aimerait que, comme dans tout bon conte de fée, le jeune prince errant triomphe de ses ennemis et devienne un grand roi, mais cela n’arrive pas, et le récit se clôt avec le suicide de Túrin.

    L’histoire des Enfants de Húrin est donc assez frustrante à certains niveaux. Et en aucun cas il ne s’agit d’un « Seigneur des Anneaux bis ».
    C’est néanmoins un livre incontournable, qui apporte beaucoup d’informations sur les premiers rapports entre les Hommes et les Elfes, et où la plume de Tolkien réussit à créer de surprenants personnages et un univers d’une richesse infinie. En quelques lignes, le vieux ménestrel parvient à donner la vie et à former des portraits saisissants de naturel.

    les Enfants de Húrin et après ?

    Dans une interview donnée au journal Le Monde (7 mars 2008), Adam Tolkien affirme qu’il n’y avait suffisamment de fragments de textes de JRR Tolkien que pour écrire un livre, la légende des Enfants de Húrin. Il réaffirme en outre que Christopher s’est toujours interdit de créer de nouveaux textes, ce qui explique le statut inachevé de l’œuvre de JRR Tolkien.
    Ces éléments semblent indiquer que, malheureusement, il n’y aura pas d’autres romans tirés des brouillons de JRR Tolkien. Le lecteur semble destiné à rester sur sa faim. Il existe pourtant tellement d’histoires à raconter sur le Premier Age, sans parler des récits de la Chute de Nùmenor et la Guerre des Anneaux de Pouvoir, au Second Age….

    Du côté de l’éditeur (Harper Collins), on se félicite des résultats obtenus par les Enfants de Húrin et Dan Brawn affirme que les studios d’Hollywood songent déjà à une adaptation cinématographique. L’éditeur affirme qu’il souhaite d’abord que le livre vive sa vie et trouve ses lecteurs.
    Les Enfants de Húrin seront-ils le 3ème film adapté de Tolkien ? Ce n’est pas sûr car le livre n’a pas encore l’aura de ses illustres aînés, et l’histoire est beaucoup trop sombre. Qui oserait filmer une histoire où le héros tue son meilleur ami, épouse sa sœur (sans le savoir) et finit par se donner la mort ? L’avenir le dira….


  • vidéo n°3 de tournage du Hobbit

    Mis en ligne début novembre 2011, le journal de tournage n°3 revient un peu sur le tournage de la caverne de Gollum, avec un Andy Serkis déchaîné qui mettait Martin Freeman (Bilbon) sous pression !

    Ci-dessous la vidéo sous titrée par Allociné :

     

     

    Mais le plus intéressant est de découvrir les Nains. Ceux qui s’attendaient à voir des clones de Gimli vont être surpris ! En effet le maquillage est réellement trés créatif, et les maquilleurs se sont visiblement donnés pour but de donner une personnalité et un look unique à chacun des 13 Nains.

     

    Pari relevé, avec cette brochette de personnages qui mélange le grotesque et le barbare. Thorin est celui qui est a le plus de prestance (normal pour un prince). On remarque aussi que les Nains ne ressemblent pas trop à la description donnée par Tolkien : quasiment pas de barbes, pas de capuchons… Les puristes vont râler !

    13 Nains à table chez Bilbon

    Thorin et Bilbon

    Gloïn (père de Gimli)

    Kili et Bombur

    Lors du tournage à Cul de Sac,  il y a eu la visite surprise de John Rhys-Davies (Gimli dans les précédents films), qui est venu saluer les Nains et son « papa » Gloïn.

    John Rhys-Davies en visite

    On aperçoit également une scène de tournage dans le Trollshaw : contrairement à ce qui se passe dans le livre, la rencontre avec les Trolls semble donner lieu à une sacrée bataille ! Le résultat de 3 mois d’entrainement intensifs et épuisants pour les acteurs : « Ils nous ont brisé. Ils nous ont réduit à l’état d’amibe pour nous reconstruire en nains ».

    Autour scène importante : le passage du groupe (13 nains, un hobbit et un magicien) chez Elrond. On note la présence de Cate Blanchett (Galadriel) sur le tournage, ce qui est plutôt surprenant à ce stade de l’histoire : un nouvel ajout par rapport au livre ? La présence de Saroumane (Christopher Lee) à la fin du reportage est également très surprenante !

     
       

     

    Mon avis est que Peter Jackson a profité des décors de Fontdcombe et de la présence des acteurs pour filmer une scène du Conseil Blanc. Ce conseil de sages, mentionné par Tolkien, regroupait Galadriel, Elrond, Saroumane (et d’autres) et concernait une attaque contre le Nécromancien, dans la Forêt Noire.

    Beaucoup de bonnes choses en perspective !

     

     

     



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